Peintures



 

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Photo : Florence Kirastinnicos

 

 

Mon travail est dès le départ orienté par l'idée de suite. 

Une fois le thème choisi, vient une longue maturation, une exploration conduisant souvent à une évolution du langage pictural.

En résulte toutefois une constante dans le style, ce que l'on pourrait qualifier d'écriture. Celle-ci ne constitue pas une fin en soi, mais doit au contraire s'adapter au sujet qui reste prioritaire.

S'y révèle aussi un lien entre les différents thèmes, comme une obsession de la mémoire des gens et des choses...

Portraits du "Gilles" (2021)

 

Cette suite de peintures parle d'un personnage qui ne dit rien, semble ne rien penser, figé, les bras ballants, ses mains ne saisissant rien.

"Gilles" est un des grands personnages de la peinture. Est-il de son époque, ou au contraire intemporel ? Ces peintures sont une tentative pour le rejoindre dans son mystère.

("Gilles", aujourd'hui intitulé "Pierrot", est un tableau d'Antoine Watteau, peint vers 1718-19, sur la fin de sa vie, et redécouvert par Vivant Denon.)

Ce qu'il en reste (2020-2021)

 

Ce qu'il en reste, une fois que le temps a fait son œuvre. Que ce qui fut une réalité devient la mémoire de quelque chose...

Tous ces restes, toutes ces mémoires insignifiantes...

Ils furent ramassés au détour du chemin, n'ayant d'intérêt que pour moi-même au travers de leur pouvoir imaginaire. Ils ont été les objets d'un récit continu, relançant sans cesse l'envie de les peindre. 

Incertitudes (2018-2019)

A l'angoissant devenir de l'homme, à cette question incertaine, j'ai laissé à la couleur le soin de répondre par la tendresse et l'humanité.

Face à une grandissante représentation d'un corps virtuel, j'ai voulu opposer sa vérité charnelle.

Le Vol perpétuel (2016)

 

J'ai voulu peindre, représenter, la vie à l'état pur.

Le vol fascinant des grues, traçant une ligne dans le ciel, symbolise cette volonté de vie. Ce grand oiseau est plus que la liberté, il est représentatif de beaucoup de valeurs qui semblent nous échapper : la cohésion du groupe, la mémoire collective où l'individu trouve sa place, la solidarité, la migration utile pour la vie...

In Memoriam Pompéi (2014)

 

Cette série témoigne de l'émotion d'un autre voyage, à Pompéi et Herculanum.

A partir des moulages que Giuseppe Fiorelli réalisa en 1860, je me suis livré à une nouvelle exploration du corps. C'est aussi un travail qui traduit mon obsession de la mémoire. 

Injecté dans les cavités repérées dans la lave, le plâtre fit restituer au vide les habitants de Pompéi saisis dans leurs derniers instants. Véritables mausolées, les cendres avaient conservé la forme des corps.

Ici, à la matière crayeuse des moulages s'oppose la couleur lumineuse de la peinture pompéienne.

Suite César (2012)

 

Inspirée par le buste de Jules César trouvé dans le Rhône, cette suite de peintures est une nouvelle réflexion sur le pouvoir.

Ces traits frappent par leur expression dominatrice, mélangée de méfiance, où se dissimulent aussi bien la certitude d'être inatteignable que le doute et l'angoisse.

La dramaturgie contenue dans ces visages se veut aussi l'écho de la pièce de William Shakespeare.

Suite Grecque (2009-2013)

 

La Suite Grecque est née d'un voyage sur les grands sites grecs, prolongé par l'éblouissement des sculptures du Parthénon "conservées" au British Museum.

Peindre la statuaire grecque, ce n'est pas en faire la copie, mais suivre pas à pas, gestes après gestes, la pensée du sculpteur.

Dos (2008)

Cette série relativement brève est le prolongement de "L'Homme incertain". 

Scarifications et tatouages structurent ici les dos des personnages, à l'image de ceux des détenus de "La Colonie pénitentiaire" de Franz Kafka, portant inscrites dans la peau leur condamnations.